Il y a un an, je n’aurais jamais recommandé à n’importe qui de développer son propre site web ou sa propre application avec l’aide de l’IA. Le coût, la complexité et le besoin de connaissances techniques rendaient le projet difficile à réaliser et souvent avec des résultats qui sont peu convaincants.
En 2026, la situation a complètement changé et les nouveaux outils transforment la liste des projets web qu’on peut se permettre d’envisager sérieusement avec l’aide de l’IA.
Récemment, notre entreprise s’est bâti à l’interne une série d’applications qui vont changer considérablement nos façons de faire. Nos nouvelles plateformes vont d’un formulaire d’acceptation des risques, à un CRM personnalisé pour le marketing jusqu’à un tableau de bord qui va centraliser nos données de ventes, de marketing et d’expérience client automatiquement.
Avant, ces chiffres-là vivaient chacun dans des systèmes séparés et pour avoir une vue d’ensemble, quelqu’un devait ouvrir plusieurs plateformes, faire des exports, nettoyer les fichiers, puis tout réunir dans Excel. Aujourd’hui, notre tableau de bord compare et analyse les ventes, les dépenses publicitaires et les commentaires des visiteurs automatiquement. On peut mettre les résultats en contexte avec la météo ou l’achalandage de l’année précédente, repérer une baisse des ventes pendant qu’il est encore temps d’agir et même prédire les revenus des prochains jours basés sur l’historique des ventes et la météo annoncée.

Sans l’IA, un projet comme celui-là aurait facilement pu coûter de 30 000$ à 50 000$ à faire développer. Maintenant, le principal investissement a été du temps et un abonnement payant à un outil comme Claude ou Chat GPT.
C’est ça, le vrai changement pour une PME touristique en 2026.
Pourquoi c’était hors de portée avant
Un outil interne peut devoir brancher des systèmes qui normalement ne se parlent pas … comme le point de vente, la billetterie, les campagnes publicitaires, les sondages clients et la comptabilité. Et chaque connexion exige de trouver et d’uniformiser l’information et les données.
Chez Écorécréo et Voiles en Voiles, on opère cinq marques sur une douzaine de points de service. Chaque équipe a développé ses outils et ses habitudes. Certaines données sont automatisées, d’autres sont encore en format papier et copiées à la main.
Le temps et la facture d’une refonte dépassaient souvent les avantages qu’on pouvait espérer. Donc, comme beaucoup d’entreprises, on gardait des façons de faire en place depuis des années, avec nos exports Excel et nos petits détours quotidiens.
Ce que Claude Code et Codex changent
La montée en puissance d’outils comme Claude Code et Codex vient changer la donne. Ces outils permettent maintenant de décrire un besoin en langage naturel, puis de transformer cette idée en application fonctionnelle. On ne part plus d’une page blanche avec l’obligation de tout connaître en programmation. On travaille avec un copilote capable de proposer une structure, de créer les fonctionnalités, de corriger des erreurs et d’effectuer des tests.
On peut simplement lui dire: « Je veux voir mes ventes quotidiennes par site, à côté de la météo, de mes dépenses publicitaires et de l’achalandage de l’an passé. Je veux pouvoir choisir une période et exporter un rapport. »
L’outil peut proposer une structure et créer une première version. Il reste ensuite à tester l’application et à demander des changements comme on le ferait avec un collègue: « Ajoute un filtre par marque », « cette colonne devrait afficher un pourcentage » ou « envoie une alerte si les ventes baissent de plus de 15% ».
Une application complexe n’apparaît pas parfaitement en cinq minutes. Il faut préciser le besoin, fournir les données, tester et corriger. Mais des jours de programmation et des coûts importants peuvent maintenant être réduits considérablement.
On peut ensuite installer l’outil sur son propre serveur, sans licence par utilisateur ni fournisseur à rappeler pour ajouter une colonne. Il reste toutefois des coûts d’hébergement, d’entretien, de sauvegarde et de sécurité.
Le vrai gain: revoir nos processus
Chez nous, on avait déjà goûté aux gains de l’automatisation : notre processus d’embauche saisonnière, automatisé il y a quelques années, nous économise environ 500 heures par année en tâches administratives, gestion de candidatures et envoi de courriels. Les applications internes maison nous amènent une coche plus loin.
Ça nous permet de faire une réflexion et de revoir nos processus mais surtout de les adapter à l’ère de l’IA. Et c’est là que se trouve la vraie valeur. L’IA ne fait pas seulement gagner du temps. Elle rend possible une amélioration qu’on repoussait depuis des années … et elle ouvre le champ des possibles.
Les sites web aussi
Le même changement se produit pour les sites web destinés au grand public. L’an passé, j’aurais hésité avant de développer le site d’une de mes marques avec l’aide de l’IA. En 2026, je le referais sans aucun stress, à condition de garder un processus sérieux de validation.
On peut rapidement bâtir une première version, tester des pages, améliorer l’affichage mobile ou créer une section pour une nouvelle activité. Pour une entreprise touristique qui doit réagir vite, cette rapidité a une valeur concrète.
Pour tester le pouvoir des applications, j’ai récemment demandé à Codex de refaire le site de notre entreprise, Aquazilla, en lui demandant simplement :
« Je veux que tu développes un nouveau site web moderne et interactif pour Aquazilla (https://aquazilla.com/) en gardant tout le contenu pareil. »
En moins de 12 minutes, Codex a réalisé une première ébauche d’un nouveau site web qui est meilleur que notre site actuel. Voici quelques photos et la première ébauche :



Et l’exemple d’Aquazilla permet de voir cette évolution. En comparant le prompt de départ et le résultat obtenu, on comprend que le travail ne consiste plus à écrire chaque ligne de code. Il consiste surtout à bien expliquer le besoin, à valider ce qui est produit et à améliorer le site par étapes.
Il faut quand même tester les formulaires, la vitesse et l’affichage sur différents appareils. Les éléments sensibles devraient être révisés avant la mise en ligne.
Les précautions qui restent
Est-ce que ça veut dire qu’on peut tout publier sans vérification? Absolument pas! Il faut protéger les données (surtout avec la loi 25), contrôler les accès, tester le résultat et faire réviser les éléments sensibles par une personne compétente. Dès qu’on touche aux paiements, aux réservations ou aux renseignements personnels des clients, une validation de sécurité par un spécialiste reste obligatoire, à mon avis, et il faut savoir ce qu’on fait.
Mais on le sait et on le répète, l’IA ne remplace pas le jugement d’un gestionnaire ni l’expertise technique quand les risques sont élevés.
Par où commencer demain matin
L’idée n’est pas de remplacer tous les systèmes. Il vaut mieux commencer par une tâche plate faite à la main chaque semaine: compiler les ventes, transférer des réservations, classer des commentaires clients, créer des factures ou produire le même rapport.
Ensuite, calculer le temps qu’elle demande chaque mois et définir ce qu’un premier petit outil devrait accomplir. Le projet devrait être limité, mesurable, réversible et testé avec des données non sensibles.
Et gardez les mains sur le volant. L’IA code vite, mais elle ne connaît ni les obligations légales de l’entreprise, ni les renseignements personnels à protéger, ni la réalité des opérations un samedi de juillet à 14h. Il faut contrôler les accès, effectuer des sauvegardes, garder les logiciels à jour et vérifier les résultats.
Pas besoin de commencer par un immense projet. Il suffit de choisir un irritant répétitif, de mesurer le temps qu’il fait perdre et de bâtir une première solution simple. Tester, corriger, apprendre, puis recommencer avec un problème un peu plus important.
L’IA vient de faire tomber une barrière importante. La technologie n’est plus le principal obstacle. Le vrai défi est maintenant de choisir le bon problème à régler.
Et, pour la première fois, plusieurs solutions qu’on croyait hors de portée ou qu’on rêvait d’avoir sont maintenant accessibles! Et ça c’est emballant!
Donc la vraie question est simple: quel irritant répétitif dans votre organisation mérite enfin sa propre solution … et allez-vous arrêter de reporter à demain ce qui va vous faire sauver du temps aujourd’hui?


