Quel outil IA choisir pour votre entreprise?

créer son site web avec ia

Créer ses applications et son site web avec l’IA pour une entreprise touristique

02/08/2026

Publié le 04/08/2026

Tableau pratique qui résume les utilisations populaires par les grands modèles d’IA présentement sur le marché. Source: Linkedin


Par Frédéric Gonzalo

Il y a deux ans, la question qu’on me posait le plus souvent en formation ou en coaching était « comment utiliser, ChatGPT, ou faire un bon prompt? ». Dans la centaine de sessions de coaching individuel que j’ai menées récemment auprès d’entreprises et d’organismes touristiques des Cantons-de-l’Est et de la Montégérie, cette question a complètement disparu. Ce qui l’a remplacé est plus intéressant : « parmi tous les outils disponibles, je ne sais plus lequel utiliser pour quoi », ou encore, plus concrètement « les outils d’IA peuvent-ils m’aider à sauver du temps, à passer du temps sur les tâches sur lesquelles j’amène vraiment de la valeur ajoutée? » 

On remarque d’ailleurs une incroyable montée en puissance des outils d’IA, comme en témoignait Jean-Philippe Duchesneau dans son plus récent article. Mais s’il y a une course effrénée vers de nouveaux modèles toujours plus puissants, il demeure que ce sont souvent les mêmes outils qui reviennent souvent, par dépit ou par habitude, dans l’utilisation au quotidien. Devriez-vous jeter ChatGPT parce que Claude vient de lancer Fable 5? Ou revenir vers OpenAI, qui vient de lancer ChatGPT 5.6 Sol? Posez-vous plutôt la question : quel outil répond le mieux à l’ensemble de mes besoins, et ceux de mon entreprise sur une base régulière.

Voici donc un compte rendu de ce que j’observe au sein d’organisations touristiques au Québec, en espérant que ces constats vous aideront à choisir le bon outil pour la bonne tâche à accomplir!

Les outils incontournables

ChatGPT reste, de loin, le point d’entrée le plus fréquent. C’est souvent le premier outil que quelqu’un ouvre, presque par réflexe. Mais son usage a mûri : on ne se contente plus de clavarder, on construit des GPT personnalisés, des assistants configurés une fois avec ses propres documents et son ton de marque, puis réutilisés à volonté. 

Copilot est présent dans beaucoup d’organisations sans que personne ne le sache vraiment, licence Microsoft 365 oblige. Claude gagne du terrain, particulièrement grâce à ses Projets, des espaces de travail persistants où l’on dépose une fois pour toutes un plan stratégique, une politique interne ou un dossier de commandite, et où chaque conversation subséquente hérite de ce contexte sans qu’on ait à tout réexpliquer. (Comme un GPT personnalisé, quoi!)

Gemini domine chez les organisations déjà installées dans Google Workspace, mais son équivalent aux GPT personnalisés, les Gems, demeure largement méconnu. Il m’est arrivé à plus d’une reprise de montrer à quelqu’un comment créer un Gem pour la première fois, alors qu’elle utilisait Gemini depuis des mois!

Une nouveauté commence aussi à apparaître dans mes échanges : des outils comme Claude Cowork, encore en phase exploratoire. Cette fonctionnalité ne se contente plus de répondre dans une fenêtre de clavardage, mais travaille directement dans les fichiers et dossiers d’un poste de travail. Par exemple trier un dossier de candidatures, réorganiser des photos, préparer un lot de documents. 

Pour en savoir plus sur Claude, je vous invite à lire ce récent billet de Paul Arsenault.

Les forces et les limites qu’il faut connaître

Sur le terrain, les forces d’un outil ne se mesurent pas à un argumentaire de vente, mais à ce qui se passe quand on l’utilise sur un vrai dossier, en pleine séance de coaching par exemple. Un GPT personnalisé bien construit devient stable et fiable : il livre la même qualité de réponse à chaque utilisation, ce qui en fait un excellent outil à partager entre collègues. 

Un Gem, dans l’environnement Google, fait sensiblement la même chose, mais avec l’avantage de s’insérer directement dans Docs, Sheets ou Gmail, ce qui s’avère pratique pour une équipe déjà à l’aise dans cet écosystème. Un Project chez Claude excelle quand le dossier est long et que la cohérence du début à la fin compte plus que la vitesse : un plan de développement touristique, une convention avec plusieurs annexes, un mémoire prébudgétaire.

Les limites, elles, sont rarement celles qu’on anticipe. Ce n’est presque jamais la qualité du texte généré qui pose problème mais plutôt son accès. Une utilisatrice me disait récemment ne pas pouvoir modifier un GPT créé par une collègue partie en congé, faute de droits de partage adéquats. Ou encore une organisation a découvert en plein coaching qu’elle payait un abonnement d’équipe que la majorité de son personnel ignorait, chacun continuant de son côté avec la version gratuite. Le problème n’est presque jamais l’intelligence de l’outil. C’est souvent la gouvernance autour de l’outil!

Enfin, il va sans dire qu’on doit constamment surveiller la qualité des contenus qui sont fournis, et ne jamais tenir pour acquis que tout est valide à 100%. Les hallucinations demeurent une réalité des modèles d’IA, assurez-vous de toujours vérifier les livrables fournis par ces outils.

Les usages varient énormément… selon qui pose la question

Ce qui m’a le plus frappé, c’est à quel point les cas d’usage divergent d’un intervenant à l’autre. Une gestionnaire de musée s’en sert pour trier des dizaines de candidatures à l’embauche saisonnière en quelques minutes. Une autre, pour convertir un guide de l’employé de soixante pages en balado d’accueil de huit minutes (merci NotebookLM) qu’on écoute vraiment, plutôt qu’un document PDF qui prend la poussière. 

Un attrait touristique génère des visuels de campagne avec MidJourney avant d’investir dans une séance photo professionnelle, ou produit une capsule promotionnelle multilingue avec un avatar HeyGen, sans studio ni comédien.

Une attraction culturelle utilise un GPT pour rédiger des réponses aux avis Google et TripAdvisor dans le bon ton, jamais signées « par l’IA ». Un office de tourisme s’en sert pour analyser des données d’achalandage contradictoires provenant de plusieurs sources, ou pour préparer une reddition de comptes exigée par son bailleur de fonds. 

Une entreprise d’hébergement adapte ses descriptions de forfaits en plusieurs langues sans passer par une agence de traduction pour chaque saison. Ce ne sont pas des usages exotiques : ce sont des tâches que ces organisations faisaient déjà, mais qui prenaient auparavant des heures, parfois des jours.

Ce qui a le plus changé au cours des derniers mois

Deux choses m’ont frappé récemment. La première, c’est le passage d’un “outil qui répond” à un “outil qui agit”. Les assistants conversationnels de 2023 et 2024 attendaient une question et produisaient un texte. Les outils qu’on commence à voir en 2026 et pour 2027, tels que Claude Cowork ou ChatGPT Work, travaillent de façon plus autonome sur de vraies fenêtres de fichiers, de vrais dossiers, sans qu’on ait à superviser chaque étape. Pour une PME touristique sans service TI dédié, ça change la nature même de ce qu’on peut déléguer à l’IA.

OpenAI propose depuis peu ChatGPT Work à ses abonnés payants, une fonctionnalité qui copie l’environnement et les fonctionnalités de Claude Cowork. 

La seconde, c’est la maturation rapide des outils nichés. Il y a un an, MidJourney, HeyGen et ElevenLabs relevaient encore de l’expérimentation pour la plupart des organisations que j’accompagnais. Aujourd’hui, ce sont des outils de production, intégrés à de vrais calendriers de contenu. Le prix a suivi : HeyGen démarre autour de 29 dollars par mois, ElevenLabs peut coûter aussi peu que 5 dollars pour un usage léger, MidJourney varie de 10 à 120 dollars selon le volume. Ce ne sont plus des curiosités technologiques, ce sont des lignes dans un budget marketing.

Comment faire les bons choix

D’abord, résistez à l’envie de choisir un seul outil pour tout faire. Les organisations qui s’en tirent le mieux utilisent Copilot pour vivre dans leur environnement Microsoft, Claude ou ChatGPT pour les dossiers longs et les assistants réutilisables, Gemini pour l’intégration Google, et un ou deux outils nichés seulement quand un besoin précis et récurrent le justifie.

Ensuite, vérifiez ce que vous payez déjà avant d’ajouter un nouvel abonnement. C’est étonnant le nombre de fois où la réponse à « on devrait essayer tel outil » était « on le paie déjà, personne ne le sait ». Les formules individuelles payantes tournent aujourd’hui autour de 20 à 25 dollars par mois chez ChatGPT, Claude et Gemini, avec des formules d’équipe qui démarrent aussi bas que 5 ou 6 dollars par utilisateur du côté de Google Workspace.

Enfin, et c’est le conseil que je répète le plus souvent : la formation générale sur l’IA sert à peu de choses sans un vrai dossier à tester en direct. Ce n’est pas en lisant une liste de cinquante prompts qu’une gestionnaire de destination touristique développe le réflexe de choisir le bon outil pour la bonne tâche. C’est en essayant, sur son propre dossier, avec quelqu’un à côté pour l’aider à corriger le tir. Les débats sur quel modèle est objectivement le meilleur viennent bien après, et comptent, en vérité, beaucoup moins qu’on le pense!

Note de transparence : Ce texte a été rédigé en partie avec l’utilisation de Claude Cowork, basé sur un corpus d’audits et rapports de rencontres avec des clients au Québec durant les 18 derniers mois. Il s’agit de cas réels, et le tout a été validé et bonifié par l’auteur avant publication.

Auteur:

Frederic Gonzalo
Consultant en marketing web
fredericgonzalo.com

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